À la croisée du jeu vidéo, de la pédagogie et des technologies immersives, le serious game est une expérience interactive conçue à des fins pédagogiques, professionnelles ou institutionnelles.
Contrairement à un jeu de divertissement classique, le serious game vise un objectif précis : développer une compétence, modifier un comportement ou sensibiliser un public. Sa conception mobilise des expertises avancées en game design, narration interactive, moteurs temps réel comme Unity ou Unreal Engine et direction artistique, au service d’enjeux pédagogiques et sociétaux.
Santé, cybersécurité, défense, industrie, banque, culture ou communication : les applications sont multiples.
En résumé
Le serious game est un jeu vidéo conçu pour transmettre une compétence ou sensibiliser un public. Utilisé en formation, en santé, en industrie ou en communication, il combine game design, technologies immersives et objectifs pédagogiques mesurables. En pleine expansion, le secteur du serious game recrute des profils issus du jeu vidéo comme les game designers, programmeurs et artistes 3D.
Le serious game désigne un jeu conçu avec un objectif principal autre que le divertissement. Le serious game intègre une intention pédagogique ou professionnelle dès sa conception. Le gameplay, la narration, l’UX et la progression sont pensés pour transmettre des compétences ou modifier des comportements.
Il ne faut pas non plus confondre serious game et gamification. La gamification consiste à ajouter des mécaniques ludiques dans un dispositif existant. Le serious game, lui, est un produit à part entière, construit comme une expérience complète.
Dans un contexte de baisse de l’attention et d’explosion des usages numériques, l’apprentissage par l’interaction devient stratégique.
Le serious game s’appuie sur des expertises directement issues de l’industrie du jeu vidéo, mais appliquées à des enjeux de formation, de sensibilisation ou de communication. Concevoir une expérience interactive efficace demande une maîtrise avancée du game design, de l’UX, de la programmation temps réel et de la direction artistique.
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Les moteurs comme Unity et Unreal Engine sont largement utilisés, tout comme les méthodes de production agiles et collaboratives propres aux studios de création numérique. La gestion de projet et la capacité à répondre à un cahier des charges sont également centrales dans ce secteur souvent orienté BtoB.
Les opportunités professionnelles sont variées : Game Designer, Game Programmer, Game Artist, UX Designer, Producer. Les recruteurs ne se limitent pas aux studios spécialisés. Agences digitales, entreprises industrielles, acteurs de la santé, institutions publiques, groupes bancaires ou structures culturelles intègrent désormais des dispositifs de serious game dans leurs stratégies.
Pour un lycéen passionné par le jeu vidéo qui souhaite donner du sens à sa carrière et avoir un impact concret sur le monde réel, le serious game constitue une voie à la fois stratégiqueet innovante.
Se tourner vers le serious game, c’est d’abord maîtriser les fondamentaux du jeu vidéo.
Un bon serious game repose sur :
Les compétences en sciences cognitives, en UX pédagogique et en gestion de projet BtoB constituent également un avantage.
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Dans cette logique, la recherche joue un rôle clé. L’intégration des technologies immersives, de l’intelligence artificielle et des agents virtuels intelligents ouvre des perspectives nouvelles pour le serious game.
Interview publiée dans le Guide des Métiers du Numérique 2026
Maël ADDOUM, Responsable Département Recherche ISART Digital
Maël ADDOUM développe des projets en collaboration avec des laboratoires, institutions et entreprises afin de renforcer le lien entre recherche et enseignement. Docteur en informatique, chercheur associé au laboratoire CoBTeK de l’Université Côte d’Azur, il travaille sur les technologies immersives et temps réel du jeu vidéo, notamment les agents virtuels intelligents et la génération procédurale de contenus.
Un serious game est un dispositif interactif conçu avant tout pour transmettre une compétence, un savoir ou un comportement. Le divertissement n’y est pas une finalité, mais un levier destiné à favoriser l’apprentissage. Il se distingue d’un jeu vidéo classique par sa vocation, puisque l’objectif est de créer un outil de formation ou de sensibilisation plutôt qu’une œuvre centrée sur le plaisir de jouer.
À l’inverse, la gamification n’est pas un jeu, mais l’intégration de mécaniques ludiques telles que des badges, du scoring ou des défis dans un système existant afin d’améliorer l’engagement. Là où la gamification ajoute des éléments ludiques ponctuels, le serious game construit une expérience complète reposant sur une narration, des mécaniques cohérentes et une intention pédagogique clairement définie. En résumé, la gamification constitue un outil, tandis que le serious game est un produit à part entière.
Le principal piège consiste à croire qu’un système de points ou qu’un minijeu suffisent à légitimer un serious game. Pour éviter cette illusion, il faut commencer par définir un objectif pédagogique clair, mesurable et validé en amont, puis construire le game design autour de cet objectif plutôt que l’inverse. Il est également nécessaire d’intégrer des experts métiers dès la conception pour garantir la pertinence du contenu, ainsi que de prototyper très tôt et de tester auprès des publics cibles afin de vérifier l’efficacité réelle du dispositif.
Un serious game amusant, mais dépourvu d’apports concrets ne remplit pas sa mission, tout comme un serious game très pédagogique, mais peu ludique, perd sa dimension engageante. Le risque du “manuel scolaire déguisé” est particulièrement fréquent, notamment dans l’e-learning, où le pédagogique prend le pas sur le jeu. Le défi consiste donc à fusionner plaisir et apprentissage dans une même expérience, car c’est cette complémentarité qui détermine la qualité d’un serious game.
Le serious game constitue clairement une opportunité pour les professionnels du jeu vidéo. De nombreux acteurs, qu’il s’agisse de studios spécialisés, d’agences, d’industriels ou d’institutions publiques, recrutent des profils issus du jeu vidéo, tels que des game designers, des experts UX, des artistes 3D, des auteurs narratifs ou des programmeurs. Même s’il ne s’agit pas d’un secteur destiné à absorber l’ensemble de l’industrie, le serious game est en croissance et valorise particulièrement les compétences liées au développement de jeux, comme les workflows, la maîtrise des moteurs ou le design d’interactions.
La demande croissante de mécaniques d’engagement dans de nombreux secteurs crée de réelles opportunités pour les métiers du game design, du game art ou du game programming. Plusieurs étudiants sont d’ailleurs déjà placés en stage ou recrutés dans des structures spécialisées, telles que Boston Scientific, Ikigai ou Skezi.
Les fondamentaux nécessaires pour travailler dans le serious gaming sont les mêmes que ceux du jeu vidéo, notamment le game design, l’ergonomie et l’UX, la narration interactive, la production, la maîtrise d’un moteur comme Unity ou Unreal, ainsi que la gestion de projet. Certaines compétences complémentaires se révèlent également précieuses, comme l’UX pédagogique, les sciences cognitives, le design d’outils professionnels ou la connaissance des logiques BtoB.
Les cursus en game design, game art, game programming, game design & programming et producer ou manager du jeu vidéo répondent particulièrement bien à ces besoins, car ils apprennent aux étudiants à travailler avec une intention claire, selon un cahier des charges, et en équipe pluridisciplinaire, ce qui correspond précisément aux attentes des studios de serious gaming.
Un très large éventail d’entreprises s’intéresse au serious gaming, qu’il s’agisse de la santé, des hôpitaux et de la medtech, de la défense et de la sécurité, de l’assurance et de la banque, des industries techniques, des ressources humaines et de la formation professionnelle, des musées et institutions culturelles, des collectivités territoriales ou encore du secteur de la communication et de la publicité.
Le serious game est pertinent aussi bien en communication interne qu’en communication externe. En interne, il permet de faciliter la formation, l’onboarding et la sensibilisation à des enjeux tels que la cybersécurité, les risques ou le management. En externe, il sert de support à la communication de marque, à la médiation culturelle, à la pédagogie grand public, aux advergames ou encore aux campagnes de prévention.
Le développement d’un serious game efficace s’accompagne de plusieurs défis majeurs. Le premier concerne les coûts et le temps, car un serious game est souvent perçu comme un “petit jeu simple”, alors qu’il demande un véritable travail de game design, l’implication d’experts métiers, des tests utilisateurs et une production complète.
Le deuxième défi réside dans l’équilibre entre le ludique et le pédagogique : un serious game trop ludique peut faire perdre le message, tandis qu’un dispositif trop pédagogique risque d’être froid et peu engageant. Cet équilibre nécessite une collaboration étroite avec les experts du sujet.
Le troisième défi porte sur la mesure d’impact, qui doit être envisagée dès la conception avec des indicateurs pertinents, tels que la rétention, la compréhension ou le transfert de compétences. À cela s’ajoutent deux difficultés souvent sous-estimées : la nécessité d’assurer une accessibilité optimale, car les utilisateurs ne sont pas toujours des joueurs, et l’importance de choisir la plateforme adéquate, mobile, VR, PC ou console, en fonction du sujet plutôt que pour des raisons technologiques.
En 2025, l’intelligence artificielle s’est imposée comme la tendance dominante, car elle permet de proposer des choix plus variés, des scénarios moins figés et une réduction du besoin de tout scripter manuellement, rendant les expériences plus dynamiques et adaptatives.
L’adaptation à des profils d’apprenants divers, y compris les non-gamers, est un enjeu essentiel pour le serious gaming. Pour répondre à cette diversité, il convient de concevoir une UX très accessible reposant sur des interfaces claires et un guidage constant, de proposer des parcours modulaires permettant d’avancer au rythme de chacun, d’éviter les mécaniques trop compétitives susceptibles de décourager certains profils, d’intégrer un onboarding progressif et, lorsque cela est pertinent, d’offrir plusieurs modes de jeu tels qu’un mode simulation et un mode ludique.
L’objectif n’est pas de convertir les utilisateurs au jeu vidéo, mais d’utiliser l’interactivité inspirée des jeux pour faciliter l’apprentissage.
Le serious gaming est déjà bien implanté dans la formation professionnelle et la communication institutionnelle. Il devrait devenir de plus en plus courant en entreprise, notamment grâce à l’arrivée de générations familières des interfaces interactives et de l’apprentissage par la pratique.
Toutefois, même si la demande se démocratise, la production de serious games restera un domaine d’expertise, car elle nécessite un savoir-faire propre au game design. Les entreprises auront donc besoin de davantage de profils issus du jeu vidéo, ce qui renforce la pertinence des formations dédiées à ces métiers. Enfin, face à la baisse de l’attention liée aux usages numériques, l’intégration de mécaniques d’engagement devient un besoin transversal qui pourrait même se diffuser jusque dans les cursus scolaires traditionnels, notamment en mathématiques ou en sciences.
🔎 Fin de l’interview
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